Individu

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Individu

Raymond Mauriac
Mars 2018 / 144 pages / 13,5 x 20,3 cm / ISBN : 978-2-36062-202-3 

Collection Les Merveilles
Tout commence par la mort, sinistre, de Tiburce, dont le corbillard ne sera suivi que par un ancien locataire. On a compris que le personnage qu’on nous présente est du genre asocial avec un goût pour la réclusion.  
Qui était cet homme ? Comment en est-il arrivé là ?

Sommaire 

Pour comprendre le parcours de cet individu et dépasser la caricature qu’il laisse de lui, le roman va plonger dans l’enfance, celle des Landes girondines à la rencontre un duo d’inséparables, Alfred et Tiburce. Au long de leur enfance puis de leur adolescence bordelaise, nous allons découvrir le lien fort qui unit le souffreteux effacé et le costaud forte tête. Mais lorsqu’Alfred meurt prématurément, la vie du « survivant » bascule, laissant place au destin d’un homme qui n’attend pas d’être déçu par le monde pour le mépriser.
Si l’écriture âpre résonne de la noirceur du personnage, ce bref récit dépeint aussi, avec un réalisme noir proche du naturalisme, la vie dans les Landes girondines au début du XXe siècle, s’intéressant aux tensions entre propriétaires et métayers, et évoquant, en filigrane, les luttes sociales à venir. Un univers mauriacien, certes, avec un angle de vue plus amer.
Individu est le premier roman de Raymond Mauriac (qui n’en écrit que deux), frère aîné de François Mauriac. Publié en 1934 aux éditions Grasset sous le pseudonyme de Raymond Housilane, il témoigne d’un talent qui gêna vite le prestigieux cadet académicien, celui-ci n’ayant eu d’ailleurs aucun scrupule à le dépouiller du patronyme familial. Ce nom d’Housilane, comme un clin d’œil à leur passé commun, provient de l’une des métairies des Mauriac, au cœur de ces Landes girondines tant aimées et parfois tant honnies.
Une résurrection pour le moins inattendue dans cette galaxie mauriacienne qui enfanta tant d’écrivains.

L'auteur : Raymond Mauriac (1880–1960) est le frère aîné de François Mauriac, celui qui, à la mort précoce du père, dut endosser bien des responsabilités et faire une croix sur ses ambitions littéraires. Docteur en droit, avoué au tribunal de Bordeaux, Raymond Mauriac, en tant qu’aîné masculin, va reprendre le flambeau des affaires familiales, notamment dans les Landes girondines. Il lui faudra attendre d’avoir dépassé la cinquantaine pour oser proposer son manuscrit qu’ironie, Bernard Grasset, l’éditeur de son frère, accepta. À la suite d’Individu (1934), il publiera Amour de l’amour en 1936. Il partagera sa vie entre la lecture et l’écriture, tout en s’occupant des métairies de pins, mais durant un quart de siècle, jusqu’à sa mort, il ne publiera plus.