Montaigne, âme libre

Montaigne, âme libre
Montaigne, âme libre

Avril 2019 / 60 pages / 12 x 16,5 cm / ISBN : 978-2-36062-223-8
Traduction inédite de l’anglais par Catherine Delavallade - Collection Petites variations

Suivi d’un extrait du Journal (1931) et d’une postface de Frédérique Chevarin Sur les pas de Montaigne
On sait peu que Virginia Woolf fut une voyageuse passionnée qui concevait ses échappées comme des occasions de découvrir des paysages, des sensations mais aussi des auteurs. Elle traversa ainsi la France, et son fameux journal témoigne de son passage en 1931 en Périgord où, à l’instar de T.E. Lawrence elle visite avec émotion la tour d’un philosophe qu’elle lit depuis longtemps, Montaigne. Elle lui a d’ailleurs consacré, dans son recueil d’articles sur ses plaisirs de lectrice - elle s’y adresse à ceux qui lisent «pour leur plaisir» sans leur «dispenser son savoir ou corriger l’opinion des autres» - un court essai inspiré qui lui permet d’exprimer sa familiarité avec l’auteur du XVIe siècle.

Sommaire 

C’est en toute simplicité qu’elle s’intéresse à la figure de l’écrivain bordelais et à son art de décrire l’âme humaine. Exercice difficile s’il en est, tant notre vie intérieure diffère de ce qui se passe autour de nous, et, à la Renaissance comme aujourd’hui, être soi-même relèverait presque de l’exploit.
Virginia ausculte la façon si particulière qu’avait Montaigne de composer son autoportrait en sondant son âme, et invite son lecteur, par l’introspection, à le suivre pour comprendre la conscience humaine.

D’une magnifique actualité, ce court texte est une exhortation à s’intéresser à l’autre et à dévoiler notre âme, car il est, pour Woolf, «de notre devoir de partager, de plonger courageusement en nous-même et d’amener à la lumière ces pensées cachées qui sont les plus morbides». Ainsi, assistant avec elle au «spectacle passionnant d’une âme vivant à découvert», c’est à notre tour de nous interroger : «Que sais-je ?». Une passionnante rencontre entre deux univers littéraires qui se croisent.

L'auteur : Virginia Woolf (1882-1941) est désormais considérée comme l’un des auteurs majeurs du XXe siècle, non seulement pour ses chefs-d’œuvre comme Mrs Dalloway, Orlando ou Les Vagues mais aussi pour son Journal et ses essais dont Une chambre à soi. On a découvert tardivement en France son intense activité de « lectrice » qui fait d’elle une des critiques les plus pertinentes de son époque. Ses textes ont été rassemblés en deux volumes sous le titre The Common Reader (1925) et The Second Common Reader (1933).
La traductrice : on lui doit des traductions de l’anglais et de l’américain, notamment de Charles Dickens, G.K.Chesterton, D.H.Lawrence, Nathanael West et récemment de Stanley G.Weinbaum.