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Armandie
:
Agen 1900. La pratique du rugby agenais est née de la rencontre
improbable de trois hommes férus de sports nautiques et de
boxe : un lecteur d'anglais du lycée, un compatriote dentiste
et un certain Alfred Armandie. Ils se retrouvaient rue Saint-Jean
(Camille-Desmoulins), où voisinaient de petites industries
: les « gaufres » de Caban, les « croquignants »
de la mère Paga, les « queues à la graisse »
d'Honorine Bruffat ; et, surtout, le grand entrepôt de chiffons
de la maison Albenque. Autour d'Armandie, les jeunes athlètes
apprennent à maîtriser les règles de ce nouveau
sport venu d'Angleterre. Les premières passes s'échangent
tantôt chez Albenque, tantôt dans un coin discret du coteau
de l'Ermitage. Lorsque le cercle s'élargit, l'équipe
pionnière de la « barrette agenaise » se constitue
et établit son siège… dans la salle à manger
d'Armandie. Véritable fondateur du premier club de rugby agenais,
il a donné son nom au stade mythique d'Agen. Valérie
Duguet, Le Festin n°54, juin 2005. |
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Baragane (allium
polyanthum) :
comme le poireau, l'oignon, l'échalote, le baragane est une
des multiples variétés de l'ail : cela suffirait à
naturaliser aquitaine cette liliacée et à la faire mettre
à l'index par les précieux qui, comme Sidoine Apollinaire,
associent ail et barbarie. C'est en effet une denrée très
populaire que cette « asperge du pauvre » que l'on glane
dans les règes de vignes dès la fin de l'hiver pour
la déguster en vinaigrette, accompagnée d'œufs
durs ou mollets. Jeune, elle se présente comme un très
petit poireau, tendre et fuselé ; un peu plus mature, le bulbe
grossit et se déforme pour donner naissance à des gousses
embryonnaires dont on peut encore faire, avec un peu d'imagination,
un bon usage culinaire. Philippe
Araguas, Le Festin n°52, janvier 2005. |
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Béarnais
:
De l'apposition à la métonymie, le mot « béarnais
» aime la rhétorique. Dans les biographies et les gazettes,
l'illustre Henri IV et le moins illustre François Bayrou sont
appelés régulièrement « le Béarnais
». Alors que ni Paul-Jean Toulet ni Louis Barthou n'ont droit
à l'usage « absolu » du terme. Qu'est-ce qui rapproche
ces deux personnages ? La duplicité ? Le mot, péjoratif
sans le dire dans cet usage, suggérerait perfidement une absence
de convictions, un entre-deux religieux ou politique. Il illustrerait
l'éternelle idiosyncrasie béarnaise : faux et courtois.
Et s'il fallait l'entendre autrement : cherchent-ils à préserver
le plus longtemps possible la complexité du sens avant qu'une
conclusion ne l'appauvrisse ? Font-ils de l'opportunisme une forme
de tolérance ? À moins qu'ils ne cachent simplement
par-devers eux un double fond.
André Gabastou, Le Festin
n°53, avril 2005. |
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BOIS D'ÉBÈNE ET PIN MARITIME :
L'Aquitaine a mal à sa mémoire coloniale et le commerce triangulaire a été vite oublié. Une analyse attentive des manuscrits de Jules Chambrelent (1817-1893) montre que sa famille paternelle et maternelle est allée faire fortune à Saint-Pierre, sur l'île de la Martinique et c'est là qu'il est né. Son père Louis Théodore, négociant à Bordeaux, 12 allées de Tourny, commerçait avec les Antilles et son frère André, en 1865, fit bâtir et tenta d'exploiter sans succès un moulin à sucre. Une petite correspondance entre André et Jules nous permet de suivre les aléas de cette entreprise.
Jean Tucoo-Chala, Le Festin n°59, septembre 2006. |
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Carrelet
:
ce filet, rond de forme, attaché au bout d'une perche à
l'extrémité d'un ponton est traditionnellement complété
par une cabane servant à abriter le matériel de pêche
autant que de conviviales ripailles. L'installation autorise occasionnellement
la pêche de mulets, dits muges, ou de gates, variété
d'alose particulièrement riche en arêtes. Sa rentabilité
est assez aléatoire, compte tenu des restaurations fréquentes
nécessitées par l'instabilité des rives et des
redevances diverses dues par les concessionnaires. Les Voies navigables
de France assurent la saine gestion des concessions qui permet de
contribuer à l'autofinancement de cet établissement
public, sans pour autant garantir l'entretien des berges.
Philippe Araguas, Le Festin n°52,
janvier 2005. |
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CHASSE À LA PALOMBE :
La chasse est un sujet qui fâche. Par excellence, c'est la question qu'il ne faut pas aborder. Raison de plus pour en parler, surtout quand on a la chance de trouver sur son pare-brise cette délicate missive. Les palombes, en rient encore ! Vous l'aviez compris, un chasseur a eu l'imprudence de se poster trop près d'une palombière qui était occupée par un autre chasseur. En faisant du bruit (tirer les palombes) le premier a privé le second d'une capture espérée. Mais le second est justement le propriétaire du terrain. Il s'estime aussi propriétaire du gibier de passage.
Jean Tucoo-Chala, Le Festin n°59, septembre 2006. |
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CLAIRET :
"Blanc sur rouge, rien ne bouge; Rouge sur blanc, tout fout l'camp ! Et Clairet sur Clairet : ça fait quoi ?" S'emploie comme adjectif : "de couleur claire, de peu de consistance", ou comme nom : "semblable à un vin rouge peu coloré". Toutefois, avec un C majuscule, il devient AOC en 1950, spécialité de la cave de Quinsac et de M; Amiel, qui a su redonner tant de modernité à ce "new french claret" de l'Angleterre du XVIIIème siècle. Ni féminité doucereuse ni charpente virile, il se laisse simplement savourer, sans arrière-pensée et sans préjuger du genre de sa ou de son amoureux de l'instant. Il rendl'homme volubile et la femme attentive et ... vice et versa.
Marianne Deldon , Le Festin 61 n°, avril 2007. |
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Démasclage
:
Au seuil de la forêt des Landes de Gascogne, le majestueux quersus
suber, ou chêne-liège, borde encore quelques routes égarées
au milieu des pins des Landes si scrupuleusement alignés. L'arbre
à bouchon, qui fit la fortune de l'Albret et la réputation
sans faille de la ville de Mézin (qui lui a consacré
un musée), a aujourd'hui quasiment disparu. Pourtant, les quelques
anciens exemplaires conservés portent les marques curieuses
de leur déshabillage récent. Lorsque l'arbre atteint
sa maturité, vers cinquante ans, il devient possible d'en récolter
le fruit. Sans toucher la mère, les liégeurs libèrent
alors délicatement et sans heurt le tronc de la première
et seule écorce impropre à la fabrication de bouchon,
l'écorce mâle. Le démasclage, geste antique, prive
définitivement l'arbre de sa virilité et lui permet
de produire désormais le liège femelle qui est récolté
tous les dix ans environ. Comme si cette émasculation pouvait
seule garantir la féminine reproduction végétale
du chêne-liège.
Valérie Duguet, Le Festin
n°54, juin 2005. |
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Émigration
:
Deux grandes vagues d'émigration ont transformé tout
au long des temps modernes l'imaginaire basque et béarnais
: la première après la conquête de l'Amérique
(pour l'essentiel, des Basques), la deuxième au xixe siècle
(pour l'essentiel, des Béarnais). La première fut fondatrice,
aristocratique, colonisatrice ; la deuxième, méprisée
par la première, démographique, plébéienne,
économique.
Au fil du temps, Europe et Amérique se sont fréquentées,
observées, ont continué à tisser des liens qui,
un beau jour, ont commencé à se distendre. Au dramatisme
de Jules Supervielle succède le regard amusé d'Adolfo
Bioy Casares, écrivain argentin mort en 1999, originaire d'Oloron-Sainte-Marie.
De passage à Pau, il dit que les enseignes des artisans «
font croire au voyageur qu'il se trouve de nouveau au cœur de
l'Argentine ». Renversant les données, il assène,
en quelque sorte, à son pays d'origine le coup de vieux dont
il se serait bien passé.
André Gabastou, Le Festin
n°53, avril 2005. |
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Feria :
Mise à mort ritualisée du taureau accompagnée de musiques, danses et grandes libations, la feria c'est "l'Espagne qui pousse un peu sa corne" en Aquitaine.
Le terrain s'y prêtait : ici, stèles antiques et bas-reliefs des églises médiévales témoignent d'un culte du taureau depuis des temps immérmoriaux. La feria serait donc la rencontre approximative des fêtes dionysiaques avec un christianisme plus ou moins assimilé. Elle a son Grand Chemin, rythmé par le calendrier religieux; il commence à Pentecôte à Vic, se poursuit à la saint Firmin à Pampelune, passe à Mont-de-Marsan à la sainte Madeleine, pour éclater à Dax et Bayonne à l'Assomption. Les initiés qui l'entreprennent pratiquent un ascétisme fondé sur la privation d'eau et de sommeil. Localement, la feria intègre des pratiques autochtones comme la course landaise. Son territoire cependant a du mal à s'étendre : au nord, la plaza de Goya est contestée par les nouvelle religions de la nature dont les multiples chapelles se développent dans les grandes villes.
François Hubert, Le Festin n°58, juin 2006. |
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FINISSEZ D'ENTRER :
La tradition de l'accueil est ancienne en Périgord. "Finissez d'entrer" est une expression pleine de saveur. Elle invite le visiteur à franchir le seuil de la maison sans façon, comme un ami attendu. Qu'il est bon d'être ainsi accepté.
Dominique Audrerie, Le Festin n°56, janvier 2006 |
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GARREMATCHES :
Frandjioues, trabucs, truquèses, clapetes, ampés... la langue gasconne est intarissable pour désigner le vide entre le bas du pantalon et le haut du sabot. Comme quoi, une simple paire de guêtres prouve, s'il en était besoin, le pouvoir de création et la richesse de cette langue d'oc.
Jean Tucoo-Chala, Le Festin n°59, septembre 2006. |
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Gemme :
Suc résineux qui coule des pins par les incisions de l'écorce du trons. Les contrapétistes seront turlupinés, il leur faudra fouiller les Robert pour trouver du sel ou une pierre fine dans l'étymologie. Les saillies du hapchot (1) dans le care (2) n'ont plus cours en Seignanx. Pourtant, là où il y a de la gemme, il y a du plaisir. (1).Petite hache à bec recourbé utilisée par les gemmeurs pour l'incision des troncs de pins. (2).Blessure faite à l'arbre par le hapchot qui permettra l'écoulement de la résine.
Bertrand Charneau , Le Festin n°61, avril 2007. |
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Gemmeur :
De pin en pin, le gemmeur prélève la résine qu'une multitude d'usines à gemme transforment en térébenthine et colophane. Personnage emblématique de la forêt landaise, il symbolise le rêve d'un âge d'or, celui qui aurait vu les terres arides participer à la révolution industrielle : la chimie avait besoin de matière première. Le gemmeur s'est beaucoup battu pour participer à cette aventure. Il n'était que métayer, il voulut devenir ouvrier; ses grandes luttes - 1863, 1934, 1953 et quelques autres - ont donné ses heures de gloire à l'histoire sociale des Landes. Mais son mode de vie ne pouvait s'adapter aux nouveaux rythmes de production; ila dû faire preuve de beaucoup de résignation, lui le résinier, pour disparaître plus vite qu'il n'était apparu. Aujourd'hui, dans les plis de la mémoire collective, il a rejoint une autre figure emblématique avec laquelle il avait cohabité au début de son modeste règne avant de l'effacer : celle du berger sur échasses.
François Hubert, Le Festin n°58, juin 2006. |
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GOURDIN :
Qui sont les habitants du Périgord ? Et ceux de Périgueux ? on hésite depuis des générations entre les Périgourdins et les Périgordins. On dit que Léon Bloy préférait "Périgourdin", parce qu'il contient le mot gourdin. Pour ma part, je partage assez ce choix, plein de bon sens.
Dominique Audrerie, Le Festin n°56, janvier 2006 |
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INSTANTANÉ D'ÉTERNITÉ :
En 1975, Monsieur et Madame Rablade m'avaient demandé de les photographier à l'occasion de leurs cinquante ans de mariage. Assis sur un banc devant la maison, calmement, ils regardent l'objectif et c'est toute une vie qui défile et s'imprime sur l'oeil du Rolleiflex. Pour bien signaler l'importance de la situation Monsieur Rablade est allé chercher dans son armoire des feutres neufs.
Jean Tucoo-Chala, Le Festin n°59, septembre 2006. |
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Jazz :
Peut-être a-t-il suffit que deux fameux musiciens, Bill Coleman et Guy Lafitte, s'installent au coeur du Gers pour qu'une bastide du XIIIè siècle devienne le haut lieu du jazz en Europe. Par une sorte d'alchimie, la Gascogne, sous les arcades de Marciac, a pris le goût du jazz et n'a pu s'en défaire. De la Garonne aux Pyrénées, l'art de vivre se décline désormais sur un rythme swing. Mais pour les puristes, le centre mythique du jazz gascon reste Uzeste. L'âme rebelle et la tchatche en ont fait une "poïélitique occitane océane" dont l'accent irrigue les festivals de la région et crée un nouveau style sur les scènes du monde. Un jour de 1985, Lubat a rencontré Manciet qui lui a insufflé sa langue. Aujourd'hui, grâce au jazz, le Gascon, sans vergogne, tient la dragée haute à l'Anglo-américain.
François Hubert, Le Festin n°58, juin 2006. |
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MACARONI :
Subtil sobriquet donné, en référence à leurs pratiques alimentaires , aux émigrés italiens installés en nombre dans le sud-ouest de la France dans les années 1920-1930. Partis la faim au ventre et dos au fascisme, ils constituèrent uen importante colonie de peuplement en Lot-et-Garonne notamment, département qui avait vu sa population réduite du tiers en l'espace d'un siècle. Exemple d'aménités que l'on pouvait entendre jadis dans les cours de récréation : "Rentre chez toi, sale macaroni." Terme aujourd'hui tombé en désuétude, quand ceux de "melon" ou "bicot" sont devenus d'usage courant.
Alain Beschi , Le Festin n°61, avril 2007. |
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Mascaret
:
vague formée par la rencontre des flots de l'océan et
des eaux du fleuve, lors du renversement des marées. Les rétrécissements
de la Garonne à partir de La Tresne et de la Dordogne à
partir de Vayres provoquent un effet d'entonnoir ; le jusant se concentre
et prend brusquement le pas sur le flux. Le phénomène,
particulièrement spectaculaire lors des marées d'équinoxe
de septembre, est observable en plusieurs endroits sur les deux rivières,
entre Camblanes et Rions sur la Garonne et entre Vayres et Saint-Pardon
sur la Dordogne ; c'est toutefois à Saint-Pardon que la vague
de front, depuis quelques années fort prisée des surfeurs,
est la plus haute et la plus constante. Le mascaret apparaît
comme une allégorie naturelle de l'urgente nécessité
universelle, mais aussi de la capacité proprement aquitaine
à savoir remonter le courant.
Philippe Araguas, Le Festin n°52,
janvier 2005. |
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MONTAIGNE :
Que serait le Périgord sans les hommes qui l'ont peu à peu façonné au fil des siècles, aux heures de gloire ou de tristesse ? La découverte vraie d'un patrimoine n'est jamais étrangère aux acteurs d'hier ou d'aujourd'hui. Le sage Montaigne a su montrer qu'ici l'humanisme est une réalité permanente, une sorte de savoir vivre non exempt des leçons du cousin Rabelais.
Dominique Audrerie, Le Festin n°56, janvier 2006 |
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Palmier
:
De tous les éléments déplacés d'un climat
à un autre, le palmier, qui orne les vieilles maisons rurales
du Pays basque et du Béarn, est le plus spectaculaire, apportant
une touche orientale à un paysage qui ne l'est guère.
Son origine jamais établie, toujours controversée, alimente
les hypothèses : on le fait venir tantôt d'Afrique du
Nord, tantôt d'Amérique du Sud, avec un penchant pour
celle-ci parce qu'elle suppose long voyage, vie de travail et retour
au pays ; aussi le palmier signe-t-il un destin hors du commun et
une belle réussite sociale.
Toujours est-il que, de la même manière que Théophile
Gautier en route pour l'Espagne découvre à Bordeaux
des indices de cette dernière, le palmier se découpant
sur la chaîne des Pyrénées est déjà
pour un voyageur au long cours un petit signe avant-coureur de la
palmeraie de Marrakech.
André Gabastou, Le Festin
n°53, avril 2005. |
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PINASSE :
"Barre droit, la pinasse Face à la lame, vieux Saunier Barre droit, vieille carcasse Encourage tes pêcheurs à la marée..." Si ce refrain évoque la pinasse des travailleurs de la mer de jadis, l'embarcation emblématique d'Arcachon, adaptée à une navigation sur les eaux du Bassin grâce à son faible tirant d'eau, ne quitte désormais plus les corps-morts que pour une plaisance dominicale et estivale. Ne devrait-on pas, d'ailleurs, la dénommer maintenant "plasticasse", le bois de pin entrant traditionnellement dans sa fabrication ayant été délaissé au profit de matériaux synthétiques ?
Alain Beschi , Le Festin n°61, avril 2007. |
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PIQUETTE :
À l'heure où il ne faut boire qu'avec modération, on peut se rappeler que nos anciens aimaient offrir la piquette, dont chaque famille gardait jalousement le secret de fabrication. Le plaisir venait surout du temps partagé entre amis... sans modération.
Dominique Audrerie, Le Festin n°56, janvier 2006 |
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Pruneau
:
Cultivée dans la région de Damas, la prune « datte
» ou « dattel », ainsi nommée en raison de
sa forme allongée, fut ramenée en France par les Croisés.
La prune d'Ente emprunterait plus vraisemblablement son nom au verbe
« enter », greffer en vieux français. Fruit du
croisement hypothétique entre un épineux et un myrobolan,
ce sont les moines de Clairac qui, au xiiie siècl,e auraient
constaté, au terme d'une année de surproduction, que
le séchage au soleil de ces fruits permettait de les conserver
toute l'année.
Récoltée en août, la « robe de sergent »
pourpre et bleue devient or noir d'Aquitaine, après séchage
et déshydratation. Son passage à l'étuve lui
confère un aspect à la fois ratatiné et brillant.
Expédié depuis la ville d'Agen qui lui donne son nom,
le pruneau est devenu un fruit emblématique.
Moelleux, dénoyauté, mi-cuit (comme le foie gras), bio,
il est parfois fourré à la crème de pruneau.
Une délicatesse qui lui donne la forme d'un ballon de rugby
et en fait un fruit doublement patrimonial en terre d'ovalie.
Valérie Duguet, Le Festin
n°54, juin 2005. |
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